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Tras su muerte en el año 1798, a los setenta y tres años de edad, sus papeles quedaron en Dux, en propiedad de su benefactor el conde Waldstein, salvo el manuscrito de las Memorias, que fueron legados por Casanova a su sobrino Carlo Angliolini. Éstas, en un devenir propio de su autor, tuvieron una vida azarosa hasta que en el año 1960 finalmente vieron su aparición en versión original, tras más de quinientas ediciones parciales, deformadas o falsas. En febrero de 2010 el manuscrito original fue adquirido por un mecenas anónimo que, previo pago de siete millones de euros, lo donó a la Biblioteca Nacional de Francia donde se conserva a día de hoy.
En cuanto al fondo documental de Dux, entre éste la mayor parte de su correspondencia -cerca de cinco mil cartas redactadas en francés, en italiano y en latín, siendo las más antiguas las de la joven Manon Balletti fechadas entre los años 1757 y 1758 y, las más numerosas, las redactadas entre los años 1785 y 1798-, actualmente se encuentra conservado en los Archivos de Praga.
Aquí transcribo literal un interesante artículo de Arthur Symons, «Casanova à Dux. Un chapitre de l´histoire inédit» publicado en Mercure de France, en octubre de 1903 y referente al momento en que este investigador casanovista, en su visita a Dux en el año 1899, encontró la correspondencia personal de Casanova en Dux y hasta la fecha inédita.
» Ce n»est que à la fin que je mis la main sur de gros paquets de lettres adressées à Casanova et si soigneusement conservées que de petits fragments de papier sur lesquels furent tracés des post-scriptum sont encore à leur place. On voit encore les sceaux au dos d’une grande partie de ces lettres, sur du papier qui a légèrement jauni avec l’âge, laissant cependant l’encre presque toujours fraîche. Elles viennent de Venise, Paris, Polonie, Prague, Bayreuth, La Haye, Gênes, Fiunie, Trieste, etc., et leurs adresses portent autant d’endroits divers, souvent « poste restante ». Beaucoup sont des lettres de femmes; certaines, d’une superbe écriture et sur du papier épais, d’autres, sur de quelconques bouts de papier, péniblement tracées et mal orthographiées. Une comtesse écrit sur un ton pitoyable, implorant du secours ; une autre proteste de son amour en dépit de « nombreux chagrins » qu’il lui a causés ; celle-ci demande « de quelle façon ils vivront ensemble » ; celle-là se lamente de ce que la rumeur a couru qu’elle vit secrètement avec lui, ce qui peut nuire à sa réputation à lui. Les unes sont en français, mais la plupart en italien. Mon cher Giacomelto, écrit l’une, Carissimo e amalissimo, écrit une autre. Ces lettres de femmes sont en grand désordre et elles auraient besoin d’un sérieux classement avant qu’il fût possible de se rendre compte de leur importance.
C’est ainsi que je trouvai des lettres de la nume écriture, séparées par d’autres d’une écriture distincte; beaucoup ne sont pas signées ou seulement d’une initiale ; beaucoup aussi ne sont pas datées ou seulement du jour de la semaine ou du mois. Il en est un grand nombre datant de 1779 à 1786, signées « Francesca Buschini », nom que je ne puis identifier ; elles sont écrites en italien et l’une d’elles commence ainsi : Unico Mio vero Amico. D’autres sont signées « Virginia B., » et l’une d’entre elles est datée de « Forli, 15 oct. 1773 ». Il y a aussi une « Theresa B. » qui écrit de Gênes. J’éprouvai quelque difficulté à identifier toute une série de lettres en français, lettres très affectueuses et très intimes, habituellement sans signature, et parfois signées « B. ». La correspondante se désigne par : Votre petite amie, ou elle termine par cette phrase, demi-sourire, demireproche: « Bonsoir et dormez mieux que moi. » Dans une lettre envoyée de Paris en 1759, elle écrit : « Ne me croyez jamais que lorsque je vous dis que je vous aime et que je vous aimerai toujours. » Dans une autre, d’orthographe défectueuse comme ses lettres le sont souvent, elle dit :« Soyez seur que meauvais discours, vapors, calomnie, rien ne pourra changer mon coeur qui est tout à vous et qui ne veut point changer de maître. » Or, il me semble que ces lettres doivent être de Manon Baletti, et que c’est à elles qu’il est fait allusion dans le VI’ volume des Mémoires. Nous y lisons (p. 60) comment, le jour de Noël 175 9, Casanova reçut, de Paris, une lettre dans laquelle Manon lui annonçait son mariage avec« M.Blondel, architecte du roi et membre de son académie ». Elle retourne à Casanova les lettres qu’il lui écrivit et la prie de lui rendre celles qu’elle lui adressa, ou de les brûler. Au lieu de se conformer à ce désir, il permet à Eslher de les lire, se proposant de les brûler après cela. Esther le supplie de lui permettre de garder ces missives, promettant qu’elle «les conservera religieusement toute sa vie ». « Ces lettres, dit-il, étaient au nombre de plus de deux cents et les plus courtes avaient quatre pages. » Il n’eu existe certainement pas deux cents à Dux, mais il semble grandement probable que Casanova fit un choix dans les lettres de Manon et que c’est cela que j’ai trouvé.
Mais, quoi qu’il en soit, je fus assez heureux pour découvrir le paquet de lettres que je cherchais anxieusement : les lettres d’Henriette, dont la perte a été déplorée par tous ceux qui se sont occupés de Casanova. Henriette, on se le rappelle, apparaît pour la première fois à Cesena, en l’année 1748. Après leur rencontre à Genève, elle reparaît avec un romanesque à-propos, vingt-deux ans plus tard, à Aix en Provence; et elle écrit à Casanova proposant un »commerce épistolaire », lui demandant ce qu’il a fait depuis son évasion et promettant de faire de son mieux pour lui raconter tout ce qu’elle a vu et tout ce qui lui est arrivé pendant ce long intervalle. Après avoir cité cette lettre, Casanova ajoute qu’il lui a répondu, acceptant cet échange de correspondance et lui racontant brièvement ses vicissitudes ; qu’elle lui relata à son tour, en une quarantaine de lettres, toute l’histoire de sa vie. « Si elle meurt avant moi, j’ajouterai ces lettres aux présents Mémoires, mais aujourd’hui elle vit encore, et toujours heureuse, bien que vieille maintenant.» On n’a jamais su ce qu’il advint de ces lettres et pourquoi elles ne furent pas ajoutées aux Mémoires.
J’en ai retrouvé un grand nombre, quelques-unes signées de son nom de femme, tout au long, « Henriette de Schnelzmann », et je suis porté à croire qu’elle survécut à Casanova, car une des lettres est datée de Bayreuth, 1798, année de la mort de Casanova. Elles sont particulièrement charmantes, ces missives, avec un mélange de malice et de distinction, et je citerai le début et la fin de la dernière lettre que je parvins à trouver. Elle commence : <.< Non, il est impossible de bouder avec vous », et se termine : « Si je deviens vicieuse, c’est vous, mon mentor, qui me rendez ainsi et je jette mes péchés sur vous. Encore, si j’étais damnée, je serais votre très dévouée amie Henriette de Schnetzmann. » Casanova avait vingt-trois ans quand il rencontra Henriette; et, alors qu’il en a soixante-treize, elle lui écrit, vieille aussi, comme si les cinquante années qui se sont écoulées étaient effacées de sa mémoire fidèle. Combien d’amants plus discrets et moins volages ont eu, malgré les changements, une constance pareille à celle dont témoigne cette correspondance’? Et ne’suggère-t-elle pas un aspect de Casanova qui n’est pas tout à fait celui du monde? Selon moi, elle révèle l’homme réel, qui, peutêtre, entre tous, comprit le mieux ce que Shelley voulut dire quand il parle de « l’amour véritable qui diffère en ceci de l’or ou de l’argile que, divisé, il n’est pas séparé ».
Mais bien que naturellement les lettres de femmes m´aient surtout intéressé, elles ne formaient qu’une certaine proportion de la masse de correspondance que je feuilletai. Il y avait des lettres de Carlo Angiolini, celui qui plus tard apporta le manuscrit à Brockhaus ; de Balbi, le moine qui s’évada des Piomhi avec Casanova ; du marquis Albergali, auteur, acteur et excentrique, dont il est question dans les Mémoires du marquis.Mosca, « homme de lettres distingué que j’étais anxieux de voir », nous dit Casanova dans le même volume où il décrit sa visite aux Mosca, à Pesaro ; de Zulian, le frère de la duchesse de Fiano ; de Richard Lorrain, « bel homme, ayant de l’esprit, le ton et le goût de la bonne société », qui vint s’installer à Gorizia en 1773, pendant que Casanova s’y trouvait; du procurateur Morosini, dnnt il parle dans ses Mémoires comme de son « protecteur » et l’un de ceux par qui il obtint la permission de retourner à Venise. Son autre « protecteur », l´avogador Zaguri, avait, dit Casanova, « depuis l’affaire du marquis Albergati, entretenu une correspondance très intéressante avec moi » ; et, de fait, je découvris un paquet ne contenant pas moins de cent trente-huit lettres de lui, pendant une période qui va de 178 i à 1798.
Une autre liasse contient cent soixante-douze lettres du comte de Lamberg. A propos de sa visite chez ce dernier, à Augsbourg, en 1761, Casanova écrit dans ses Mémoires : « Je passais très agréablement mes soirées chez le comte Max de Lamberg, qui résidait à la cour du prince-évéque avec le titre de grand maréchal. Ce qui m’attachait particulièrement au comte Lamberg. c’était son talent littéraire. Érudit de premier ordre, instruit au suprême degré, il avait publié plusieurs ouvrages fort estimés. J’eus avec lui un échange de lettres qui ne prit fin qu’à sa mort, il y a quatre ans, en 1792. »
Casanova dit qu’à sa seconde visite à Augsbourg, audébut de 17G7, il « soupa avec le comte Lamberg deux ou trois fois par semaine », pendant les quatre mois qu’il y séjourna. C’est de cette annce-là que part la correspondance que je trouvai ; elle se termine, en effet, l’année de la mort du comte, en 1792. Dans son Mémorial d’un mondain, Lamberg parle de Casanova comme d’ « un homme connu en littérature, un homme de profond savoir». Dans la première édition, qui est de 1774, il se lamente de ce qu’ « un homme tel que M. de S. Galt » ne soit pas encore rentré en grâce auprès du gouvernement vénitien, et dans la seconde édition, de 1775, il se réjouit du retour de Casanova à Venise. Puis, il y a des lettres de da Ponte, le même qui, dans ses Memorie scrille da esso (1829), relate l´ histoire des curieuses relations de Casanova avec Mme d’Urfé, des lettres de Pittoni, de Bono, et d autres mentionnés en diverses parties des Mémoires et d’une douzaine d’autres qui n’y sont pas mentionnés.
Les seules lettres de cette collection qui aient été publiées sont celles du prince de Ligne et du comte Koenig.
Arthur Symons.
Traduit de l’anglais par Henry-D. Davray.
Fuente: Casanova et son temps, Edouard Maynial, Mercure de France, 1910, Paris
Sólo aclarar que, desgraciadamente, la dicha de Symons por haber creído encontrar las cartas de Henriette no se correspondía con la realidad, pues las cartas que éste encontró era la firmada por una tal Henriette de Schukmann, esposa de un Ministro de Estado prusiano y que sólo se encontró con Casanova en una ocasión en el año 1786 en Dux, intercambiando posteriormente alguna correspondencia, pero en cuanto a las cartas de la amante tierna y dulce Henriette -nombre, por otra parte, ficticio- siguen sin haber aparecido a día de hoy.
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